Célébrons la Journée des Femmes

Interviews de porteuses de projet Tudigo : Esther Miquel, de Koedo ainsi que Jeanne Séguéla-Bouchet et Evelyn Gil-Passet de FAVA.

Esther est gérante de Koedo, le 1er Ekiben de France


Tudigo : Quel a été votre parcours ?


Esther : « Je suis partie au Japon à l’âge de 17 ans où j’ai été accueillie dans une famille d’accueil. J’ai suivi une année en immersion totale dans un lycée japonais, puis suis retournée en France travailler dans l’industrie japonaise. Je suis ensuite passée par Strasbourg où j’ai travaillé à la mairie. À partir de 2008, j’ai organisé aux côtés de m on mari Yves la coordination d’événements français au Japon et japonais en France. »


 

Evelyn et Jeanne ont imaginé FAVA, box de protections intimes


Tudigo : Que faisiez-vous avant de lancer FAVA ?


Evelyn : « Après avoir travaillé 10 ans en développement de produits en France et à l’international dans un grand groupe, je souhaitais revenir à mes premières expériences d’entrepreneur et me lancer dans un projet qui ait du sens pour moi et pour mes filles plus tard. »


Jeanne : « J’ai travaillé pendant 15 ans en communication et événementiel pour des grands comptes. À la naissance de mon premier enfant il y a 4 ans, j’ai du mettre ma carrière en pause en raison de problèmes de santé, et revoir la manière de consommer et d’acheter pour ma famille. J’avais déjà travaillé à mon compte et l’idée de recommencer me séduisait beaucoup. »


 

PORTRAITS CROISÉS 


T. : Comment en êtes-vous arrivée à créer Koedo en 2015 ?

E.M. : « Tous les événements étaient super, on travaillait pendant 2 ans pour un événement qui durait 15 jours, c’était très intense. Présenter la culture du japon nous plaisait et nous avons eu envie de bâtir un pont d’amitié entre la France et le Japon, cette fois-ci de manière permanente. »


Découvrez dès maintenant la page projet KOEDO.


T. : Pourquoi avoir lancé FAVA ?

J. et E. : « Chacune maman de 2 enfants à qui nous voulons offrir le meilleur, nous avons fait le choix de consommer bio et éco-responsable. Après avoir tout changé, il restait une chose de taille à faire évoluer, le choix de nos protections intimes. L’envie de nous lancer sur ce projet nous est venue de façon évidente pour plusieurs raisons :

• Il y a aujourd’hui un véritable enjeu de santé lié à l’utilisation des protections intimes.Comme énormément de femmes nous avons été particulièrement touchées lorsque le scandale des compositions des produits hygiéniques a éclaté. Faute de choix, nous avons utilisé depuis des années des protections hygiéniques dont la mauvaise réputation n’est plus à faire.

• Et puis, les protections intimes ont un impact environnemental énorme. Les femmes ont leurs règles pendant 30 à 40 ans. Nous utiliserons pendant cette période 15 000 produits hygiéniques qui mettent 500 ans à se dégrader, soit 20 générations. Cela équivaut à 5 millions de déchets par jour dans le monde !

• Et enfin, il y a la problématique de l’efficacité. Les produits bio ont souvent mauvaise réputation concernant leur manque d’efficacité. Une expérience que nous avons eue en testant les différentes protections hygiéniques que nous avons trouvées. C’est aussi un retour que nous avons eu de nombreuses femmes que nous avons rencontrées avant de lancer notre marque. Ce fut LE déclic, nous avons décidé de lancer FAVA. »


FAVA est maintenant disponible en ligne, sur leur site internet.

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T. : Est-ce difficile, en 2019, d’être à la tête d’un projet entrepreneurial ? Ressentez-vous des formes de discriminations ? Ou bien est-ce un atout ?

E.M. : « Je dirai qu’il est difficile d’être entrepreneur tout court, que l’on soit une femme ou un homme. Cela dit, lorsqu’on est une femme seule, ça doit être plus compliqué. Par exemple, vis-à-vis des banques c’est plus dur de négocier, mais aussi tout simplement au niveau logistique. Dans mon restaurant, nous faisons des longues journées, il y a des choses lourdes à porter. Heureusement, j’ai mon mari ! Cela dit, parfois être une femme peut devenir un atout pour le relationnel. »

J. et E. : «  Il est évident que ce n’est pas toujours facile de se lancer dans un projet entrepreneurial. Les portes ne s’ouvrent pas facilement, surtout lorsqu’on s’adresse à des industriels. Cependant, nous avons eu énormément de chance de rencontrer des personnes bienveillantes qui ont cru en nous, en notre idée et qui ont été force de conseils et de soutien. Nous avons pu échanger avec de nombreux entrepreneurs, qui nous ont guidé et nous ont fait profiter de leur réseau. Il y a aujourd’hui pour les entrepreneurs, un grand nombre de salons, de rencontres, d’organismes qui peuvent nous aider : c’est un gros atout. »


T. : Une étude menée par le cabinet de conseil et d’audit PwC en partenariat avec The Crowdfunding Center indiquait qu’en France, 24 % des campagnes de financement participatif lancées par des femmes sont fructueuses contre seulement 13 % pour les hommes. Selon vous, à quoi est-ce dû ?

E.M. : « L’enthousiasme des femmes est communicatif ! Dans notre cas, les clients adhèrent à notre projet surtout grâce à notre qualité, notre hygiène et notre authenticité. » 

J. et E. : « Se lancer dans une campagne de crowdfunding est un long processus, très prenant et parfois un peu stressant. Il faut une implication de tous les instants et surtout ne pas se décourager. Il est important que les contributeurs puissent ressentir notre envie de réussir et de voir à quel point on croit dans notre projet. Et à l’inverse nous avons aussi ressenti de la part de nos contributeurs la bienveillance avec laquelle ils ont accueilli notre projet, au travers de leurs appuis et de tous les encouragements que nous avons pu recevoir. C’est ce que nous voulions avant tout, engager notre communauté autour des valeurs de FAVA et ce juste avant notre lancement officiel. » 


T. : Esther, votre équipe est constituée majoritairement de femmes. Est-ce un choix ?

E.M. : « Au départ, ça n’était pas un choix, mais il faut avouer que cela se passe mieux quand on travaille avec des femmes. Elles s’entendent bien, sont courageuses et très à cheval sur l’hygiène. »


T. : Jeanne et Evelyn, vos produits sont destinés aux femmes et votre marque est très engagée (je pense notamment à votre partenariat avec l’association Féminité Sans Abri qui aide les femmes les plus démunies de France), est-ce un combat que vous menez depuis le début de votre carrière ? Pourquoi cela vous tient à cœur ?

J. et E. : « En imaginant FAVA, nous ne voulions pas créer une simple marque de protections hygiéniques éco-responsable. C’est pourquoi nous avons eu à cœur de trouver des partenaires qui puissent répondre à notre démarche solidaire. Nous avons confié la fabrication à une usine éthique, où travaillent 95 % de femmes. Côté logistique, nous avons fait appel à un partenaire qui lutte contre l’exclusion et la précarité. Et enfin, grâce à chaque cliente qui s’abonne, FAVA s’engage à reverser des produits hygiéniques à des femmes dans le besoin, au travers de l’association Féminité Sans Abri. C’est un combat qui nous tient particulièrement à cœur. La précarité menstruelle est malheureusement une réalité pour beaucoup de femmes d’autant plus quand elles vivent dans la rue. Il ne faut pas oublier que pour les femmes, ce n’est pas un produit de luxe mais un bien de première nécessité et c’est pour cela que FAVA s’engage ! » 


T. : Pourriez-vous toutes les trois nous décrire l’aventure du Financement Participatif en tant qu’entrepreneuses ?

E.M. : « C’est un défi à relever parce que nous sommes partis sur un très grand projet, on ne peut pas se faire tout seul. On a voulu impliquer nos clients qui connaissent bien nos produits en leur donnant la possibilité d’investir à nos côtés. Il y a une certaine proximité qui se crée et nos clients sont très heureux de participer. »

J. et E. : « C’est un vrai marathon ! Il faut rester concentrées et motivées sur ses objectifs et surtout ne jamais rien lâcher ! C’est aussi très réjouissant de voir l’engagement de nos contributeurs et c’est ce qui nous donne encore plus l’envie de nous dépasser. »


T. : Quels conseils clefs pourriez-vous donner à d’autres femmes qui souhaiteraient se lancer dans un projet tel que le vôtre ?

E.M. : « Être très têtue, se fier à son instinct et croise en son projet, en sommes : ne jamais rien lâcher ! » 

J. et E. : « Persévérer et croire en soi et en son idée. C’est aussi très important d’aller à la rencontre de ses futurs clients, pour confronter ses idées et être en phase avec les attentes des consommateurs et leur besoin. » 


T. : Que peut-on vous souhaiter dans votre carrière professionnelle ?

E.M. : « Que nos projets réussissent, qu’on garde notre belle équipe. Que l’on garde la tête froide et que l’on reste humble. Nous souhaitons garder notre constance, et offrir le meilleur des services à nos clients avant tout. »

J. et E. : « Que notre communauté grandisse et d’avoir de nombreuses abonnées qui nous permettront d‘aider de plus en plus de femmes dans le besoin. Mais aussi pouvoir offrir une alternative aux femmes et rendre accessible des produits sains à toutes. »


T. : À l’occasion de la journée de la femme, avez-vous quelque chose à dire à toutes les femmes qui nous lisent aujourd’hui ?

E.M. : « Le paritarisme ne se décrète pas, il se gagne par la compétence sur le terrain. C’est quelque chose qui s’acquiert même si cela devrait être reconnu naturellement. »

J. et E. : « Aujourd’hui nous sommes heureuses en tant que femmes de voir les choses évoluer, mais il reste encore un long chemin à parcourir pour faire entendre la voix de toutes les femmes. Notamment sur le sujet qui nous touche toutes, dans notre vie intime, nos règles. Encore en 2019, c’est un sujet tabou, qui n’est pas abordé de manière directe et naturelle. Nous devons faire en sorte que la parole se libère sur ce sujet. » 


T. Le mot de la fin (si vous n’aviez qu’une chose à retenir de votre aventure en tant qu’entrepreneuse) ?

E.M. : « Ce serait le fait de voir les clients contents, et les habitués qui reviennent. La fidélité de notre clientèle et les liens qui se créent ; voilà notre récompense. »

J. et E. : « Nous sommes aux prémices de l’aventure et avons encore beaucoup de choses à découvrir. Mais le plus incroyable pour le moment ce sont les rencontres humaines que nous avons pu faire ! »

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